BANKSY : Artiste urbain satirique / Voix du peuple

Avant de vous parler de Banksy, place à l’histoire…

Girl with balloon

La pratique du graffiti est nécessairement ancienne, s’inscrivant parfois dans la lignée de l’art pariétal, comme le rappelle, non sans malice, Magda Danysz, qui dit que de la grotte de Lascaux aux hiéroglyphes, le graffiti existe depuis toujours. Mais c’est dans les années 70, que le Street Art apparaît pour la première fois aux USA. Recouvrant les murs et les parois de trains du métro New-Yorkais. Ce qui était au début de simple tags, prit des proportions gigantesques. 

En seulement quelques années, ce mouvement artistique contemporain adopte divers styles, couleurs et formes et englobe diverses techniques comme le pochoir, la mosaïque, les installations en tout genres ou encore les stickers. 

Contrairement aux autres arts traditionnels, c’est dans la rue ou dans des espaces publics que cet art éphémère est vu par un très grand nombre.

Dix ans plus tard, la répression sanctionne sévèrement les graffeurs, seul les plus courageux iront dans des endroits défavorisés de New-York. Plus tard, on commence à les voir apparaître à Chicago, Los Angeles, … avec un seul et même esprit en tête : la liberté d’expression.

Parallèlement en Europe, fut construit le mur de Berlin. Pour les berlinois situés à l’Est, il était impossible de s’en approcher ou de le traverser. Contrairement aux résidents de l’Ouest qui le franchissent régulièrement et y réalisent des graffitis. Lorsqu’à la fin des années 80, le mur fut détruit, il était presque recouvert de slogans, dessins, peintures monumentales, etc… Véritable support de protestation, il leur permettait de signifier leur mécontentement.

Le Street Art fait donc son apparition en Europe au début des années 80. Les autorités n’aiment pas ces slogans souvent politique et sanctionnent sévèrement les graffeurs jusqu’à, parfois, deux ans d’emprisonnement et de lourdes amendes. 

Bien que n’étant ni fondateur ni précurseur de ce mouvement, le roi de la provoc’ Banksy est l’un des artistes contemporains les plus connus de notre temps. Pourtant son identité reste encore aujourd’hui un mystère. Né à Bristol, semble-t’il en 1974, il a passé sa vie à échappé aux médias et aux autorités. Agissant de jour comme de nuit, il réalise quelques coups d’éclats, à la limite de la légalité. Comme en 2004 où il fait imprimer de faux billets à l’effigie de Lady Di, remplaçant le Bank of England par Banksy of England, et les distribue lors du carnaval de Notting Hill.

Son œuvre rayonne, aujourd’hui, partout dans le monde. Installations, pochoirs, sculptures, peintures, détournements d’objets urbains ou d’œuvres classiques, … C’est avec une bonne dose de second degré, jouant l’usurpateur ou le provocateur, qu’il interpelle les citoyens sur la condition humaine.  Et prouve, avec un certain humour, qu’il ne sert à rien de trop se prendre au sérieux…

En 2005, il parvient à entrer dans les plus grands musées du monde pour y afficher ses propres œuvres. Certaines resteront parfois exposées plusieurs jours avant que la supercherie soit découverte. 

Il ne prend que rarement la parole, il n’en a pas besoin, ses méfaits parlent pour lui. Indigné, révolutionnaire, il aime choquer, provoquer. Banksy se fiche qu’on l’aime en tant que personne, pour lui, c’est juste le message dans ses oeuvres qui compte. Certaines dénoncent la privation de liberté, notamment sur le mur de Gaza ou celui de Jérusalem. Il dénonce la société de consommation en pointant du doigt des emblèmes phares de l’Amérique consumériste, comme le dessin terrible de cette vietnamienne irradiée au napalm tenant Mickey Mouse et Ronald McDonald par la main.

D’autres murs incitent, eux, à garder l’espoir. La plus célèbre étant la Petite fille au ballon. Banksy est également réalisateur avec le film « Faites le mur », sorti en 2010.

Considéré comme un antimilitariste et anticapitaliste, Banksy tente de se tenir éloigné du système tout en contribuant, malgré lui, à son fonctionnement. En effet, depuis 2012, certaines de ses œuvres au pochoir réalisées sur les murs de Londres sont arrachées à leurs quartiers et vendues aux enchères Outre-Atlantique. John Dolan, artiste de rue sévissant dans le quartier de Shoreditch à Londres, indiquait en 2013 dans le journal Le Monde que l’affaire de ces vols ressemble à un « Robin des Bois à l’envers, qui prendrait aux pauvres pour donner aux riches ». Ses muraux ont déjà été vendus entre 900.000 et plus d’1,1 million de dollars.

Mais ce n’est pas tout, sur son site internet Banksy met en garde ses internautes par un rappel de produit, une série de fausses expositions en son honneur voient le jour à travers le monde.

RAPPEL DE PRODUIT : Art of Banksy https://www.banksy.co.uk/shows.asp

Le public doit savoir qu’il y a eu récemment une série d’expositions Banksy dont aucune n’est consensuelle. Ils ont été entièrement organisés à l’insu ou sans l’implication de l’artiste.
Veuillez les traiter en conséquence.

En 2020 la crise sanitaire mondiale inspire de nouveau Banksy, véritable voix du peuple, il crée cette oeuvre percutante où il rend hommage aux héros du moment, les soignants… 

Sources :  www.banksy.co.uk
https://fr.wikipedia.org/wiki/Art_urbain

Prenez soin de vous & au plaisir de vous revoir !
Audrey Mayence
animatrice du CcPAC

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